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Atelier Courant d’Antan, l’art de raviver la lumière

Denis-Claude Castonguay a gradué en 1981 du programme de Génie unifié, spécialisation électrique, offert par l’Université du Québec à Chicoutimi. Il a œuvré dans l’industrie lourde la majeure partie de sa carrière, occupant d’abord des postes techniques en ingénierie électrique, puis des postes de gestion. Ayant cessé d’exercer sa pratique professionnelle, Denis-Claude se consacre maintenant à sa passion, la préservation des luminaires anciens. De là, débute une nouvelle aventure, l’Atelier Courant d’Antan, un mariage parfait entre ses intérêts personnels et son bagage technique.

D’où vient cette passion?

Denis-Claude Castonguay, artisan lampiste
Crédit photo: Denis-Claude Castonguay

Depuis toujours, Denis-Claude a un intérêt pour les meubles et les objets anciens. Attachant beaucoup d’importance à la préservation du patrimoine, ses loisirs étaient souvent associés à la restauration d’objets du passé, particulièrement des meubles. Graduellement, il a délaissé les meubles pour s’intéresser aux luminaires anciens (1890 à 1950). Il avait alors découvert un monde fascinant, riche en histoire et extrêmement diversifié.

« En tant qu’artisan lampiste, je me compare à un artiste dans l’art de raviver la lumière. »

Avec le temps, il est devenu artisan lampiste, sa nouvelle vocation comme il se plait à dire. Sur une base artisanale et à petite échelle, un atelier de restauration de luminaires anciens prenait forme, l’Atelier Courant d’Antan, ce nom faisant référence à la fois à ses intérêts techniques et sa passion pour les objets du passé.

Où trouver des luminaires antiques?

L'Atelier Courant d'Antan
Crédit photo: Denis-Claude Castonguay

Denis-Claude les trouve partout : dans des marchés aux puces, des ventes de garage, des petites annonces ou par des contacts. La recherche de luminaires reste, sans aucun doute, l’activité la plus agréable car elle permet parfois de dénicher des trésors mais aussi de faire des rencontres formidables.

Ses recherches lui permettent de retrouver des luminaires complets, mais aussi beaucoup de pièces orphelines : des abat-jours, des globes et des bases de lampes, avec lesquels il devient intéressant de créer des luminaires uniques, originaux et écoresponsables. Il cherche toujours à donner une seconde vie à des composantes qui se seraient retrouvées au travers des déchets.

L’histoire des luminaires anciens, depuis l’électrification, débute au cours de la période victorienne (fin 19ième), qui a vu la transition entre les luminaires au gaz et ceux à l’électricité. Il n’est d’ailleurs pas rare de retrouver des luminaires au gaz qui ont été convertis à l’électricité. Il arrive également de retrouver des luminaires de cette époque, conçus au départ pour opérer à la fois au gaz et à l’électricité.

« De tous les luminaires anciens, ceux pour lesquels  j’ai vraiment un faible sont ceux produits pendant la période dépression (1929 à 1939) et qui ont bénéficié du mouvement art-déco. Souvent à coquilles (slip shades), ce sont, à mes yeux, des œuvres d’art plutôt que simplement des luminaires. »

Quand il a la chance d’en trouver un intact et complet, c’est comme trouver un trésor. Ce sont des luminaires qu’il adore restaurer car ils demandent énormément de minutie dans le travail de remise à niveau. Le résultat final reste toujours absolument remarquable.

Le processus de restauration d’Atelier Courant d’Antan

À la base, Denis-Claude se donne toujours pour défi de ramener un luminaire au plus près de son aspect d’origine. Le processus demande parfois beaucoup de recherche et de temps. Si le luminaire propose des parties polychromes (colorées), des retouches minutieuses seront faites pour réparer les zones endommagées. Le décapage n’est utilisé que pour enlever les couches de peinture qui ont été ajoutées avec le temps et uniquement pour faire ressortir le fini d’origine.

Chaque composante électrique est reconditionnée pour la rendre sécuritaire ou remplacée par une composante similaire. Le filage utilisé répond aux normes actuelles, mais possède un recouvrement de tissu, pour donner l’apparence des anciens fils de toile. Une cire à base de polymère viendra au final donner de l’éclat au luminaire et le protègera des ravages du temps.

D’un point de vue plus technique, toutes les composantes du luminaire et leur assemblage respecteront les exigences des normes électriques en vigueur. Des barres de montage seront ajoutées pour permettre d’adapter le luminaire aux installations électriques modernes. Il ne restera qu’à l’installer!

La même rigueur s’appliquera pour la restauration d’un luminaire qu’un client lui confie ou pour la création d’un luminaire qui répondra à ses besoins précis. 

Quelles sont les tendances en matière de luminaires anciens?

Présentement, les luminaires industriels et les opalines sont très populaires. Cependant, il est intéressant de voir que les jeunes aiment ajouter une touche ancienne aux décors de style plus moderne.

« Il est toujours fascinant de réaliser que des luminaires, qui ont souvent plus de cent ans, sont encore en utilisation et qu’ils le seront encore pour de nombreuses années. Je doute que les luminaires modernes en fassent autant. Les jeunes sont très sensibles à cette réalité! »

Il est possible de rendre visite à Denis-Claude à l’Atelier Courant d’Antan dans la région de Portneuf au :

69 Rang de l’Enfant-Jésus,

Pont-Rouge, QC, G3H 1S3

(418) 569-4197

Site web

Page Facebook

Page Instagram

Texte écrit avec la collaboration de Denis-Claude Castonguay

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